Pour Cathy Devylder, la peinture est une espèce de conquête de l’espace.

Et le véhicule de cette prise de possession est l’arbre.

Ce dernier est fier élan, parfois extension fragile dans les airs, voire inscription d’une croissance anxieuse dans le ciel.

Son arbre de prédilection est un tronc nu d’hiver ; sans feuilles ni racines. Posé sur le sol, il semble en réalité puiser toute sa frondaison, quand il y en a une, dans les profondeurs de la terre jusqu’à l’éploiement le plus étiré de ses branches.

Les nervures des embranchements dessinent une nervosité qui s’apaise dans la rencontre d’un monde apparemment vide et que le peintre remplit de couleurs pures pour figurer en vastes aplats l’idéal de la vision.

A la limite, se profile comme l’arbre des nerfs d’un être écorché invisible dont la peau sensible ne supporterait même pas une feuille, fût-elle légère comme une plume.

Pour se détendre de cette angoisse bridée d’où se dégage pourtant comme un rêve de douce sérénité, l’artiste peint des « récréations », oranger vert surchargé de fruits jaunes et autres arbres de fantaisies, qui la recréent.